Des milliards, de chemins…

Spécialisation ou compétence multiple ?

Plasticité, curiosité et polyvalence, vers un modèle d’éducation à l’anglaise.

Les frontières entre les cursus de formation dans un monde où les spécialités tendent à s’effacer et les tâches, à conjuguer les logiques, enfin, s’amenuisent !

Le modèle éducatif à l’anglaise, dès les cycles primaires et secondaires, l’avait déjà compris,  avec des parcours de formation à la carte : il offre  une chance aux étudiants de s’acculturer aux environnements multiculturels, polytechniques et complexes.

Bien sûr, il y aura toujours besoin d’experts. Cependant ce titre doit s’obtenir après une carrière, et aux travers de nombreuses expériences qui ont permis à chacun de se découvrir et comprendre ce pourquoi il est fait, où, sans eugénisme, ce dans quoi il voulait se spécialiser. C’est un continuum de découvertes, d’engagements et de réalisations qui permettent de se connaître soi même et d’avoir une vision précise de ce qui l’intéresse vraiment.

Cette approche de la spécialisation ne vient pas remettre en cause le modèle de vocation, mais tente de restituer une pensée synthétique sur la carrière, en se fondant sur le principe que l’on ne s’imagine jamais assez bien les réalités d’une fonction, avant de la découvrir dans son contexte d’exercice. Les passions permettent de s’appuyer sur sa subjectivité propre afin de (pré) choisir, mais amènent parfois à trop de désillusions et  évoluer en dehors de sa zone de confort devient alors bien plus compliqué pour un spécialiste, que pour les personnes pouvant s’appuyer sur une diversité du vécu, et une connaissance approfondie des différents secteurs professionnels.

Autour de nous, le monde contemporain le dit, n’avoir qu’un seul métier aujourd’hui, dans un présent de mutations accélérées et de globalisation des phénomènes sociaux, n’est plus possible. Cela conduit les gens à ne défendre que trop souvent un “pré carré”, un point de vue, qui les mènent à produire des solutions incomplètes, et qui ne répondent pas aux enjeux réels de l’actualité, ou pire, du projet !

L’approche par l’expérience permet une prise de conscience réelle de soi, et se traduit par des qualités humaines de gestion de l’incertitude, du dépassement de soi et d’adaptation qui sont des atouts dans la vie quotidienne, tant privée que professionnelle. Évoluer dans un autre secteur, c’est mettre en pratique concrètement (Vous nous excuserez pour ce pléonasme) sa curiosité, son ouverture d’esprit et sa capacité d’apprentissage naturelles, ce qui, vaut plus que quelques lettres timorées, molestement inscrites  sur un en-tête de curriculum vitæ !

Alors quand on est jeune, que la vie est devant soi, pourquoi faudrait il nécessairement inhiber ses possibles et réfléchir en terme de “carrière” alors que tout, sensiblement et experientiellement, reste à construire, pierre après pierre ?