COmmon Business Oriented Language

Cobol & Rareté

Ce qui est rare, est cher, et autres réflexions sur les coûts d’engagement dans l’informatique.

Depuis plusieurs dizaines d’années déjà, l’informatique fleurit et occupe une place de plus en plus prépondérante dans notre quotidien.

Lorsqu’on réfléchit aux différentes interactions et contacts que chacun d’entre nous entretient quotidiennement avec différentes interfaces, dans le monde tant professionnel que personnel, il est aujourd’hui difficile d’imaginer un monde sans le numérique, le digital et les télécommunications. L’essor de ces technologies, s’est développé avec l’apparition des grandes firmes et du besoin de maîtriser l’information, ainsi que d’organiser le travail pour des centaines, puis de milliers de collaborateurs.

Toute la diversification des applications informatiques courantes et spécifiques, a permis d’enrichir les différents cursus universitaires et d’ingénieries dans des voies plus applicatives, Web ou encore Analytics. Pour autant, toute cette variété n’est possible que par le fruit de l’augmentation de la puissance de calculs, fournit en amont des logiciels. Cependant, suite à la position dominante d’ IBM dans les années 1990 sur le marché des ordinateurs centraux ou supercalculateurs , les savoirs et compétences autour de ces derniers, par soucis de concurrence, ne sont plus que transmis dans le monde professionnel et du conseil aux entreprises, à défaut de l’être dans les cursus classiques évoqués ci-dessus. Mécaniquement, ce savoir devenu professionnel s’est raréfié, et la population d’ingénieurs exploitant ces structures a vieillit. Les Data Center rencontrent depuis cette époque un besoin en recrutement important qui n’est toujours pas pourvu.

A la base de l’informatique, intégrer ce type de savoir permet de comprendre comment toute cette dernière s’est construite et développée. La logique et l’algorithmie nécessaires à la gestion de ces infrastructures irriguent le raisonnement des différentes techniques informatiques, langages et systèmes, ce qui ouvre la porte, à une évolution naturelle vers d’autres technologies, plus en aval de la chaîne de vie des données.

A ce jours, il existe des centaines de langages de programmation, et leurs usages et fonctions dédouanent souvent les individus d’une connaissance approfondie des systèmes et des rouages techniques du métier d’informaticien. En outre, la programmation déclarative, mais aussi orientée objet, favorisent le développement informatique accéléré, mais fait fit d’un ensemble de principes qui permettent l’optimisation de l’utilisation  des ressources machines. Les mainframes sont polyglottes, et comprennent l’ensemble de ces langages. Cobol, langage de haut niveau capable de traiter des volumes considérables d’informations de manière optimisée, joue aussi le rôle d’intégrateur. Ses ordres EXEC et CALL permettent d’aller chercher dans les bibliothèques passées en argument, le script ou programme écrit dans différents langages. Ce rôle de trait d’union permet de centraliser l’information stratégique dans un système clos et inviolable, pour que les données sensibles soient hors de portée de manipulations ou accès malveillants.

Commencer dans l’informatique sur cette technologie est donc plus que pertinent, au sens où sa simplicité et ses fondements théorico-pratiques, permettent d’ouvrir durablement à l’univers des grands groupes,  au cœur de l’informatique, puis continuer d’évoluer sur les technologies plus courantes et concurrentielles.

Il n’est pas rare de trouver des articles subjectifs et politiquement engagés, d’approches commerciales qui biaisent la réalité des besoins du monde professionnel. Comme cet article, de Monsieur Loukides, dont le seul commentaire en réponse a clôturé la discussion. Mouchoirs ?

https://devops.com/why-its-time-to-migrate-away-from-cobol/#disqus_thread

Nous laissons le choix au lecteur de trouver sur internet les articles qui témoignent de ces besoins. Ils sont pléthores, tant aux US, qu’aux UE, puisque COBOL est international.

Une autre preuve, ici de mai 2020 par Claire Bailey pour GCN :

https://gcn.com/articles/2020/05/12/keeping-mainframes-up-to-date.aspx