Turn-over, mal-être au travail, quête de sens des collaborateurs, perte de motivation, burn-out… voilà les maux de l’entreprise d’aujourd’hui. Des constats que l’on retrouve dans une étude menée en 2017 par l’institut Think et qui révèlent que 44% des actifs français ne trouvent pas de sens dans leur travail, que 26% s’ennuient et qu’un collaborateur sur deux se dit sérieusement impacté par le stress au travail. Ainsi, à l’heure de la RSE, de la raison d’être de l’entreprise, du développement durable, de la quête de sens, comment trouver ce qui fera vibrer les collaborateurs et qui les rassemblera autour d’une cause commune ?

1 + 1 = 3

Un collaborateur épanoui c’est un collaborateur qui donne le maximum de lui, sans effort, de manière évidente, un collaborateur fidélisé, créatif et engagé au sein du collectif qu’est l’entreprise.

Le territoire de Seine-Saint-Denis, innovant pour ce qui est de son développement économique, accueille quelques trésors. Ainsi, la société ESTIAC, fondée en 2016, forme des jeunes ingénieurs issus des quartiers difficiles, aux métiers de l’informatique. C’est ainsi que 80 jeunes sont recrutés chaque année et formés pendant 3 mois, aux frais de l’entreprise, pour être ensuite embauchés par l’entreprise SARDEL, gérée par Fréderik Delalande le fondateur d’ESTIAC. Pendant 7 mois ces jeunes salariés sont payés par l’entreprise cliente et à l’issue 95% d’entre eux se voit proposer une offre d’emploi dans l’entreprise, soit un taux de placement de quasiment 100% ! Cette formidable insertion professionnelle est le résultat et le moteur de l’engagement de ses collaborateurs, un incroyable cercle vertueux.

Frederik Delalande, 55 ans, a monté ce dispositif quand il s’est rendu compte qu’il possédait un vrai don dans le domaine de la transmission. Informaticien de formation, il valorise cette ressource avec la volonté d’accompagner des jeunes et de leur donner une chance. Il bénéficie d’un charisme et d’une autorité naturelle car il croit profondément en l’utilité de ce qu’il fait, ses valeurs contribuent à canaliser ces 80 jeunes et à les mener à réussir. Son engagement à 100% dans cette aventure, c’est la raison de son succès !

On identifie bien ici une équation gagnante : 1+1=3 !

Non il ne s’agit pas d’une erreur mathématique : cette équation, c’est la clé de l’engagement de nos collaborateurs. 1 : c’est l’identification par les collaborateurs de leur sens à eux, de leur singularité et de la richesse qu’ils portent et qui vont leur permettre de prendre conscience des conditions de leur épanouissement personnel.

+ 1 : c’est l’entreprise qui fait le choix de communiquer sur ses propres valeurs et sa raison d’être (son sens à elle). Elle va chercher à ce que l’équation se fasse en accompagnant la création d’un climat de confiance qui va être propice aux transformations positives

= 3 : nous voilà au succès ultime ! En étant épanouis au sein de l’entreprise et en alignant leur sens aux valeurs et raisons d’être de l’entreprise, les collaborateurs sont fidélisés et participent au développement de la structure de façon optimale, car ce développement devient en quelque sorte leur propre développement.

Une construction collective pour l’entreprise, connectée au sens de chacun

Ainsi, par cette démarche individuelle et collective, les collaborateurs changent leur regard sur eux et sur le monde qui les entoure, ils sont en mesure de mieux mesurer leur alignement avec le poste qu’ils occupent et ainsi, à être plus fidèles. En effet, la fidélisation repose sur la confiance en les perspectives de satisfaction et d’évolution dans l’entreprise et donc la confiance en soi : les collaborateurs osent quand ils peuvent se projeter dans des projets et qu’ils ont conscience de leur valeur, de leur développement. C’est pourquoi, en ce sens, l’entreprise a tout intérêt à nourrir un climat de confiance basé notamment sur la mise en œuvre des capacités de chacun à valoriser sa singularité et son unicité et à les reconnaitre chez l’autre. Chaque collaborateur est unique et singulier, expert dans son domaine personnel : ce sont ces « chacuns » qui ensemble pourront construire pour le collectif. C’est là tout le socle de la fidélisation : il repose sur la détection chez le collaborateur de son étincelle pour contribuer à son épanouissement et à son engagement au sein de l’entreprise.

Face au problème de turn-over de l’entreprise, il s’agit d’activer les leviers qui feront réussir l’entreprise, comme l’engagement de ses collaborateurs. Nous allons bien au-delà du simple « bien-être de surface » : nous permettons aux collaborateurs d’être en phase avec les valeurs de l’entreprise afin de créer spontanément un climat d’épanouissement.

Plus le dirigeant en aura conscience, plus il aura envie de s’entourer de personnes qui lui ressemblent et qui contribueront à cette réussite. D’ailleurs ces personnes viendront naturellement à lui !

Comment installer cette dynamique au sein de l’organisation ?

Changer son regard sur les personnes qui nous entourent et qui contribuent à la vie de l’entreprise c’est aussi gagner en authenticité. Sortons ainsi de notre costume dirigeant ! Et mettons notre sens à soi dans l’entreprise. Si tout le monde prend le temps de le faire, le dirigeant favorise un climat de confiance et instaure un espace qui est le sien. Car, quelle que soit la fonction que nous occupons, nous jouons tous un rôle important : prenons conscience de notre unicité, elle est source de performance.

La quête de sens, ça rime avec performance !

Vous l’aurez compris, en prenant le temps de s’intéresser aux êtres humains, aux collaborateurs, aux femmes et aux hommes qui fondent l’entreprise, il est possible alors d’installer un climat qui leur permettra de s’y épanouir et d’y trouver un lien d’engagement et de performance.

Sylvie Nouaille